Longtemps tout puissant au sein de l’entreprise car détenteur de l’information, le directeur de systèmes d’information (DSI) paie-t-il sa suprématie d’antan à l’heure où il voit arriver de nouveaux acteurs, le CDO par exemple et que le CFO a tendance à chahuter ses décisions sous l’angle financier ?

On entend tout sur la place du DSI en ce moment. Et pas toujours des faussetés. Dire que ce patron de la technologie doit partager son pouvoir avec le Chief Digital Officer (CDO) n’est pas totalement faux. Dans la banque comme dans l’assurance, ces nouveaux acteurs ont un regard sur la place de la donnée dans l’entreprise et le respect de la compliance, entre autres. Des domaines somme toute critiques. Autant dire que le DSI n’est plus le seul maître à bord sur certains thèmes et doit collaborer avec un nouvel arrivant propulsé aux avant-postes par la montée en puissance du digital et le poids du réglementaire. Dans certaines entreprises, l’alchimie joue à fond, et permet de bénéficier de la synergie des deux décideurs ; dans d’autres, la chasse à l’ennemi est ouverte. Reste au Top management d’arbitrer ou alors au DSI de savoir prendre de la hauteur en créant de nouveaux champs de collaboration.

En revanche, il y a parfois des allégations qui restent à confirmer. Ce n’est pas parce qu’une direction utilisatrice a pu être impliquée ou, allez…, a même orchestré le choix de sa plate-forme métier qu’elle a pris le pouvoir. C’est pourtant ce que l’on entend ici et là. Et malheureusement, face à cela, certains DSI s’érigent en chiens de gardes et créent une forteresse au sein de l’entreprise. Avec les conséquences que cela peut générer.

Pourtant, comme le soutient une étude de Robert Hall, à la faveur du digital, il a beaucoup à faire : « le rôle du DSI « repose sur l’accompagnement et la recherche de la performance de l’entreprise, et il dédie la moitié de son temps voire plus à la prise d’initiatives stratégiques pour soutenir les innovations et la croissance. » En fait, aujourd’hui, « les DSI ont un rôle central au sein des activités de l’entreprise ce qui n’était pas le cas il y a encore 5 ans. Ils possèdent désormais une nouvelle double casquette : créateur de business et responsable de la stratégie sur le long terme. »

Vrai peut-être en théorie mais dans la pratique, les choses se présentent autrement, surtout face à la place croissante que prend le directeur financier (CFO) au sein de l’entreprise. A la faveur de la logique décisionnelle « drivée » par les coûts, le DSI ne saurait s’occuper de la stratégie à long terme.

Du coup, coincé entre un CDO affamé et soucieux de gagner ses lettres de noblesse et un CFO vigilant, sa marge de manœuvre peut paraître réduite. Pourtant, certains DSI savent slalomer entre ces différentes exigences pour se positionner comme la fonction incontournable, malgré les changements qui le menacent.

A l’instar des autres métiers, celui de DSI est donc confronté à des mutations appelées ubérisation ailleurs et transformation chez elle. A lui de se transformer pour trouver son véritable rôle, celui d’expert en technologies et donc nécessaire et incontournable en ces heures de technologie généralisée.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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