La nouvelle app bancaire destinée aux adolescents (10-18 ans) avec accompagnement parental, présente son premier baromètre sur l’argent et les adolescents. L’occasion de mettre à nu les résultats inédits de cette enquête réalisée par l’Institut Poll&Roll auprès de 1 000 parents d’adolescents scolarisés au collège et au lycée.

Combien sont-ils à recevoir de l’argent de poche ? Combien reçoivent-ils et à quel rythme ? À partir de quel âge les parents versent-ils les premiers euros et dans quel but ? De qui vient l’initiative ? L’argent de poche est-il le seul moyen pour les jeunes de gagner de l’argent ? Quels usages en font-ils ? l’enquête apporte des réponses concrètes.

Où l’on apprend que les adolescents reçoivent très majoritairement de l’argent (94% d’entre eux), que ce soit de manière ponctuelle ou régulière, pour pouvoir faire des achats de façon autonome. D’ailleurs, l’argent est un sujet qui fait partie du quotidien des adolescents : 95% des ados parlent d’argent avec leurs parents, et 63% d’entre eux connaissent même le salaire de leurs parents.

Autre enseignements, 40 % des adolescents reçoivent de l’argent de façon régulière, c’est-à-dire au moins une fois par mois ; ils sont 54 % à n’en recevoir qu’occasionnellement : 34 % quand ils en ont besoin et 20 % pour les grandes occasions (Noël, anniversaires, fêtes, vacances…). Plus l’adolescent grandit, et plus il reçoit de l’argent de poche régulièrement. Ainsi la part des enfants recevant de l’argent de poche régulièrement par tranche d’âge passe de 32 % entre 10-12 ans à 38 % pour les 13-14 ans, 45 % pour les 15-16 ans, et 46 % pour les 17-18 ans.

Sur le plan national, ce sont les adolescents de PACA les mieux lotis puisqu’ils sont 49 % à recevoir de l’argent régulièrement, suivi du Centre Val de Loire (46 %). En queue du classement, on retrouve la région Grand Est avec seulement 31 % des jeunes qui reçoivent de l’argent régulièrement.

Les adolescents reçoivent en moyenne 33 € d’argent de poche par mois. Au fur-et-à-mesure qu’ils grandissent, le montant augmente. On observe d’ailleurs un véritable palier à partir de 17 ans avec 47 € reçus régulièrement, contre 22 € pour les 10-12 ans ; 32 € pour les 13-14 ans ; 34 € pour les 15-16 ans. Avec presque 40 € de budget, les parents d’Occitanie sont les plus généreux avec leurs enfants, alors que les Bretons arrivent en bas du classement avec 24 €.

Assez logiquement, plus le revenu de la famille augmente, plus le montant d’argent de poche que l’enfant reçoit est conséquent. Pour autant, toutes les familles, même les plus modestes, donnent de l’argent de poche. Si les foyers ayant un revenu net de 10 000 € et plus versent, en moyenne, 50 €, les foyers modestes sont généreux avec 40 € en moyenne pour les revenus compris entre 1 000 à 1 499 € ; en revanche, les foyers qui gagnent moins de 1 000 € par mois font beaucoup plus attention avec seulement 18 € d’argent de poche versés par mois.

Avec 63 % des répondants, ce sont les parents qui sont majoritairement à l’origine de la proposition d’argent de poche. Mais les jeunes ne sont pas sans audace, puisque 36 % d’entre eux ont quand même tenté leur chance. Les ados commencent à recevoir de l’argent de poche juste avant leurs 12 ans. Cela correspond probablement à un moment clef où l’adolescent rentre au collège et acquiert un début d’autonomie (le triptyque Téléphone / Clef du logement / Argent de poche). Ainsi, ils sont 36 % à avoir de l’argent de poche dès 10-11 ans ; 30 % dès 12-13 ans et 22 % dès 14-15 ans puis 2 % entre 16 et 18 ans. À noter que 10 % des enfants âgés entre 3 et 9 ans touchent déjà de l’argent de poche !

L’aspect pédagogique est la principale raison pour laquelle les parents en donnent, avec des motivations telles que : apprendre à gérer un budget (60 %) ; inculquer la valeur de l’argent (58 %). Un a priori qui se révèle juste puisque 3/4 des parents notent à posteriori une vertu pédagogique au fait de donner de l’argent à leur enfant. Parmi les impacts de l’argent de poche sur le comportement des adolescents, ils constatent ainsi une meilleure conscience de la valeur de l’argent ; de la capacité à gérer un budget ou encore à être indépendant. Enfin, les parents sont assez raisonnables dans leur usage de l’argent de poche : pas question d’utiliser l’argent de poche comme une menace. Seuls 18 % déclarent priver leur progéniture d’argent de poche pour les punir. Ce sont les parents d’Île-de-France les plus sévères avec 25 % à priver à des fins punitives. Au contraire, dans les Pays de la Loire, le score est nettement en dessous de la moyenne avec seulement 7 %.

Pour 70 % des parents d’ados, l’argent de poche devrait servir à financer les loisirs et les dépenses d’agrément, et notamment les premiers pas dans la socialisation des ados. Ainsi, dans le top 3 des dépenses financées par les ados se retrouvent : les sorties entre amis à 85 %, systématiquement ou ponctuellement ; puis les séances de cinéma à 82 % systématiquement ou ponctuellement, et enfin le shopping à 75%. A contrario, les dépenses contraintes (fournitures scolaires, abonnement téléphonique, carte de transport, cantine, soins à la personne) ne sont que rarement financées par ceux-ci.

L’usage de l’argent de poche reste très genré : focus shopping pour les filles et jeux vidéo pour les garçons. Mais si les ados se font plaisir avec leur argent, les parents jugent tout de même que celui-ci est généralement utilisé à bon escient. Ils sont 75% à estimer que leurs enfants ont même un comportement raisonnable avec leur argent. Ils parviennent à économiser pour s’acheter quelque chose d’onéreux ou font attention à leur argent par exemple. Les parents sont finalement assez rassurés quant à l’usage que les ados font de leur argent et d’ailleurs 90 % d’entre eux déclarent savoir ce que font leurs enfants avec.

Plus les ados grandissent et plus ils cherchent à diversifier leurs sources de revenus. Pour se faire de l’argent, ils font même preuve d’inventivité. Le babysitting est détrôné, place à de nouvelles façons de gagner de l’argent. Plutôt que d’opter pour le traditionnel petit job (27 %), 58 % d’entre eux gagnent de l’argent en revendant leurs affaires et 39 % en échange d’un service (bricolage, tondre la pelouse, etc.). Ils sont quand même 39 % à tenter leur chance et à demander un complément d’argent de poche. On notera que les garçons rendent plus de services pour gagner de l’argent (55% vs 44 %), alors que les filles investissent la vente de vêtements (61 vs 34 %).

Le liquide reste le moyen le plus utilisé par les ados pour faire leurs achats (90 % des cas), faute d’équipement en moyens de paiement adaptés (seuls 15 % disposent d’une carte de paiement pour payer partout). Ils doivent faire preuve d’inventivité pour payer ce dont ils ont envie ou besoin : les ados sont 16 % à devoir emprunter la carte bancaire de leurs parents pour acheter sur Internet et 4 % hors Internet. Pourtant, donner de l’argent de poche en liquide représente une réelle contrainte dans le quotidien des parents : 61 % déclarent ainsi devoir aller au distributeur pour pouvoir donner de l’argent de poche. 58 % ne pas pouvoir donner son argent de poche à leur enfant faute de monnaie sur eux.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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