Selon cette étude 2015 du spécialiste de l’assurance-crédit, trois entreprises sur quatre ont une visibilité de moins de 6 mois sur leur carnet de commandes ; neuf vont améliorer ou stabiliser leur trésorerie alors  qu’une sur trois envisage d’augmenter ses dépenses d’investissements sur l’année en cours.

Capitalisant sur le réseau de ses 23 délégations réparties sur l’ensemble du territoire national, Euler Hermes a interrogé plus de 800 PME et ETI françaises sur leurs intentions d’investissement, l’état de leur trésorerie et de leur carnet de commandes. Le fruit de cette enquête met en avant les attentes des entreprises en termes de demande et d’investissement.

Premier constat, « le rebond de la consommation des ménages et l’amélioration des marges devraient permettre de redresser la dynamique d’investissement des entreprises mais le déficit d’investissement reste inquiétant : 83 milliards d’euros », indique le baromètre. Pour ce dernier, la croissance française devrait accélérer en 2015 à +1,2 % et atteindre +1,5 % en 2016, après +0,2 % en 2014. Principal facteur de cette dynamique, le rebond de la consommation des ménages qui devrait contribuer à hauteur de 1 point à la croissance du PIB cette année. Une demande additionnelle qui devrait finalement soutenir la croissance des chiffres d’affaires des entreprises : celle-ci sont attendus en hausse de 2 % dans l’industrie cette année, et de 3 % en 2016.

Parallèlement, selon ce baromètre, les entreprises en profitent aussi pour reconstituer leurs marges. Entre la baisse du prix du baril (+0,4 points de marge), le CICE (+0,5points) et le rebond de l’activité, le taux de marge des entreprises non-financières devrait atteindre 31,5 % en 2015 ; celui-ci reste en dessous de son pic récent de 2007 à 33,5% mais pourrait revenir vers sa moyenne de long-terme à 32,7% d’ici 2017.

Par ailleurs, malgré une légère hausse des défaillances sur un an à fin avril (+0,5 %), certains secteurs comme le commerce de détail pointent vers une amélioration (-5,4 %). Selon Euler Hermes, le nombre de défaillances d’entreprises devrait continuer de se résorber en 2015 (-1 %) et 2016 (-3 %), toujours à un rythme extrêmement faible (-0,4% en 2014). De plus, ce repli masque la turbulence toujours record en France : la sinistralité resterait toujours au-dessus des 60 000 défaillances jusque fin 2016.

Qu’en est-il du côté de la demande ? Euler Hermes, considère qu’elle reste le problème majeur pour deux-tiers des entreprises mais les fondamentaux financiers se sont renforcés. Dans ce contexte, la compétition entre acteurs (33 % des entreprises interrogées) et l’absence de débouchés (33 %) sont en 2015 les principales difficultés rencontrées par les entreprises françaises, devançant le niveau de marges (23 %). La concurrence se fait relativement plus sentir dans les services ; sur ce terrain, plus de 44 % des entreprises interrogées la classe comme première difficulté.

Autre enseignement, 76 % des entreprises déclarent avoir moins de 6 mois de visibilité sur leur carnet de commandes, contre 58 % dans le baromètre précédent. Pourtant, pour 3 entreprises sur 4, les perspectives de demande domestique ou à l’export sont un déterminant important (ou très important) de l’évolution des dépenses d’investissement, juste derrière le retour sur investissement (86 %) et devant le besoin de renouveler les capacités de production (73 %), les conditions de financement (47 %) ou les aides publiques (19 %).

Enfin, malgré une demande toujours aussi complexe à saisir, les entreprises françaises anticipent le retournement de conjoncture et investissent. 80 % poursuivront sur leur lancée. Et les ETI seront même plus audacieuses : elles investiront pour 93% d’entre-elles, contre 75 % parmi les PME. En définitive, 31 % des entreprises envisagent d’augmenter leurs efforts d’investissements par rapport à 2014. Pour autant, la frilosité demeure importante à l’export domaine dans lequel 90 % des entreprises n’augmenteront pas leurs investissements à l’export cette année. Les 20 milliards d’euros additionnels à capter pour les entreprises françaises à l’export en 2015, dont 9 milliards dus à un euro plus faible, ne seraient donc pas un signal suffisant pour démarrer une démarche d’investissement et de conquête de ces marchés à moyen-terme. En somme, les entreprises privilégiaient en 2013 un investissement plutôt défensif, tourné à 60 % vers le renouvellement et la modernisation de leur outil de production. En 2015, 50 % des entreprises chercheront un investissement productif (augmentation des capacités de production, lancement d’une nouvelle activité, et dépenses de R&D). Les secteurs de l’automobile (65 % d’investissement offensif) et des services (65 %) semblent plus offensifs. A noter, en 2015, les dépenses de R&D ne représenteront toutefois que 0,4 % des chiffres d’affaires.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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