Troisième consécutif du genre réalisé par le cabinet de conseil Julhiet Sterwen, le baromètre Digital Workplace conduit par l’IFOP, mesure la perception qu’ont les collaborateurs des entreprises de plus de 500 salariés de la transformation digitale.  Cette année, il révèle que la transformation digitale est vécue positivement mais de nombreux points de vigilance apparaissent sur les 3 axes abordés par l’étude (management, organisation et outils). Quels sont les freins détectés par l’étude de cette année ? Quels sont les leviers qui pourraient accélérer la transformation digitale des organisations ?

Premier enseignement, en 2018 comme en 2017, 63 % des salariés déclarent vivre une révolution digitale. De manière générale, les changements sont perçus de façon plutôt positive par l’ensemble des collaborateurs, tant pour eux-mêmes que pour l’entreprise. Les managers restent les plus sensibles aux effets de la transformation numérique avec 74 % de réponses positives, contre 65 % pour les Millenials et 58 % pour les non-managers.

Si les collaborateurs sont conscients des bénéfices apportés par la transformation digitale et ont l’impression que les efforts nécessaires se réduisent, des points d’alerte subsistent. Pour les collaborateurs, les principaux obstacles sont liés à la mauvaise qualité des réseaux (1/3 des collaborateurs), la multiplicité des outils et aux équipements pas toujours adaptés (27%). Pour les managers (37% d’entre eux), c’est la résistance au changement qui reste le principal obstacle. Une différence de lecture qui s’explique par un vécu différent ! Si les outils, software et hardware, sont plus que jamais désignés comme marqueurs principaux de la transformation digitale, seuls 35% des collaborateurs sont équipés en PC portables et téléphones mobiles. Cela reflète un déploiement et des usages encore limités. Et le télétravail est encore bien loin des attentes des collaborateurs au regard des équipements disponibles. Pour preuve, si 58% des salariés y sont favorables, seulement 7% d’entre eux le pratiquent.

Qu’il s’agisse de l’appropriation des outils ou de la conduite du changement en termes d’organisation, l’ensemble des équipes souhaiterait plus d’accompagnement. Ils sont même plus nombreux que l’année dernière (55% en 2018 vs 47% en 2017). Ce sentiment a fortement augmenté chez les managers (51% en 2018 vs 39% en 2017). Plus étonnant, il est aussi partagé par les Millenials (47%). Les besoins se précisent : ils souhaitent un accompagnement individualisé qui part de leur niveau de compétences en intégrant leurs spécificités métier, le tout avec des modalités sur-mesure et différenciantes.

Une nouvelle vision du rôle de manager et de ses pratiques commence à s’affirmer. La dimension de « manager coach » commence à prendre de la substance. Les managers perçoivent que leur rôle doit évoluer : il ne s’agit plus uniquement d’arbitrer et de piloter, mais d’adopter une posture plus centrée sur l’écoute, la montée en compétences et l’« empowerment » des collaborateurs.

Les Millenials comprennent mieux les bénéfices de la transformation digitale. Ils s’accordent à dire que le digital est un véritable vecteur d’efficacité et de performance individuelle. Selon eux, la transformation digitale favorise l’échange, l’émulation d’idées et le travail collaboratif, elle leur permet d’exercer leur fonction plus efficacement et améliore la performance individuelle. Ils ont aussi moins de freins à la mettre en œuvre au sein de l’organisation : 28% des managers Millenials sont enclins à déléguer des tâches à un assistant virtuel contre seulement 19% des managers.

Enfin, le baromètre s’apesantit sur un triptyque à prendre en compte dans l’entreprise : Un accompagnement toujours nécessaire, mais plus ciblé. Et de point de vue, les collaborateurs pointent toujours le manque d’accompagnement dans la transformation digitale. Leurs besoins se précisent avec la nécessité de davantage de communication avec l’ensemble des collaborateurs, de formations et de tutoriels pour une meilleure maîtrise des outils. Ils souhaitent un accompagnement individualisé qui part de leur niveau de compétences en intégrant leurs spécificités métier, le tout avec des modalités sur-mesure et différenciantes. En outre, il faut prévoir un nouveau contrat managérial dans l’entreprise. La transformation digitale est très exigeante et nécessite de la part du manager une nouvelle posture qui implique : d’être à l’aise dans une organisation horizontale versus verticale, de développer une posture de bienveillance, d’instaurer un climat de confiance permettant de mettre en place une culture de feedback qualitative et autorisant le droit à l’innovation. Enfin, on les sait moteur dans la prise en compte de la transformation digitale. Il serait logique de les utiliser catalyseurs de ce changement.

Les Millenials, jusqu’ici sous-exploités dans les organisations, pourraient se révéler être les catalyseurs de la transformation digitale. En effet, cette génération en comprend mieux les bénéfices, a moins de freins à la mettre en œuvre et sait la promouvoir.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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