L’amendement Bourquin a suscité beaucoup d’espoir. Mais le degré limité de son application distille comme un parfum d’anomalie française. Tout le monde est d’accord pour convenir du fait qu’il règne comme un malaise dans l’Hexagone, dès qu’il s’agit d’aborder cette thématique. Et pour cause, embarquée dans des enjeux colossaux (9 milliards d’euros presque), la profession de la banque défend ses intérêts. L’assurance ne peut pas trop crier à l’injustice tant elle a, à son corps défendant, nourri la main qui l’étrangle littéralement aujourd’hui ! C’est dit ! dont Acte !

Bourquin en soldat de la loyauté

Le débat public qu’a organisé sur le sujet la rédaction d’Assurance & Banque 2.0, a été de très bonne facture, en présence du Sénateur Bourquin (Doubs), de journalistes professionnels et des acteurs opérationnels confrontés aux réalités sur le terrain. Amenés par le courtier Praeconis et son alter égo Magnolia.fr, cet exercice de débat démocratique a permis aux uns et aux autres de confronter leurs réalités de terrain. Et de noter leurs hiatus, somme toute très limités. En revanche un dénominateur commun, la dénonciation collective « de manœuvres dilatoires » d’ailleurs reconnues par le Sénateur.

Le plus important était ailleurs, dans la suite à donner à cette lourdeur imposée par les banques : faire respecter la loi, malgré la réticence de celles-ci, user du fameux name and shame : entendez, ceux qui ne respectent pas la loi devront non seulement être sanctionnés mais voir leurs noms révélés en public : double peine qui, de l’aveu de quelques participants, serait plus efficace, comme le reconnaît le sénateur : « payer des amendes passe encore, mais être désigné comme contrevenant choque davantage une entreprise ! »

En attendant d’évoluer vers une telle pratique déjà appliquée par l’autorité prudentielle, le sénateur Bourquin, qui « s’est mobilisé avant tout pour les consommateurs afin qu’ils puissent améliorer leur pouvoir d’achat », estime qu’un front commun des porteurs de risques ne serait-ce qu’en termes de communication est nécessaire car après tout, les banques jouent bien la carte de la synergie dans différentes annonces !

On l’aura compris, la fragrance d’anomalie française qui flotte sur l’assurance emprunteur semble avoir trouvé son maître, en la personne de Martial Bourquin ! Mais par ces temps où la rigueur devient le maître-mot, qu’on se le dise : il faudra peut-être du temps pour inverser la vapeur mais la donne devra changer, à l’instar des autres pays européens. Pour que la France ne soit plus la lanterne rouge qui flotte sur le vieux continent. Parole d’un démocrate motivé.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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