Depuis un certain temps, les critères de notation financières semblent ne plus suffire. Les paramètres environnementaux, sociétaux et de gouvernance (ESG) deviennent indissociables des problématiques de rendement ou de solvabilité. A l’heure de Bâle 3, des IFRS 9, il s’avère important d’intégrer des paramètres verts dans la notation des entreprises, afin d’obtenir une estimation plus juste et plus réelle de la puissance d’une entreprise. Partant de cette considération, 22 sociétés de gestion, assureurs et mutualistes lancent un appel à la généralisation de la notation financière dans cette nouvelle approche. « Nous avons la conviction que les facteurs sociaux, environnementaux, éthiques et de gouvernance constituent des territoires de risques ayant une influence sur la qualité de crédit, la valorisation des entreprises et qu’ils sont porteurs de création de valeur future, » déclaraient-ils en cœur.

Sur la liste des participants, de grands noms à l’instar de la Caisse des dépôts et Consignation, AG2R, les groupes Aesio, Candriam, CNP, La Banque Postale, entre autres, soutenus par leur Fédération, montre à quel point il ne suffit plus d’afficher un bon ratio de Solvabilité pour être fréquentable aujourd’hui. Il est nécessaire de montrer un bilan sociétal acceptable aux yeux de l’organisme de notation.

« Orienter l’épargne publique et privée vers une croissance soutenable »

Ce consensus des grandes entreprises prouve que le travail de fond conduit par les directions générales commence à porter ses fruits. Les tenants de cette cause estiment que « notre responsabilité est notamment d’orienter l’épargne publique et l’épargne privée vers une croissance soutenable, inclusive, moins intense en carbone et relevant le défi du changement climatique, tout en préservant le capital et en recherchant un rendement cohérent avec cet objectif. »

Etre un géant financier et un nain sociétal, ce n’est plus possible, semblent-ils l’affirmer en chœur. Une réalité, la prise en compte de ces paramètres devrait révisiter le classement des entreprises. Mais, faut-il le reconnaître, sauf cas particulier, suivez mon regard, un géant financier est rarement un nain écologique. Pour grandir dans la vie et afficher des résultats remarquables, il faut être un tantinet vertueux dans la plupart des domaines mis en avant par les signataires, en principe. Alors, il est difficile de construire un géant financier aux pieds d’argile ! Mais cet appel pour la généralisation de la notation extra-financière a du sens et prend toute sa réalité économique quand on sait qu’une partie des signataires, en l’occurrence les porteurs de risques, doivent faire face, de manière récurrente, à des catastrophes naturelles de plus en plus lourdes en pertes financières du fait notamment des problèmes issus du non-respect de l’environnement. Œuvrer pour la notation extra-financière apparaît comme une lutte pour un environnement sain mais surtout pour le maintien à termes de bons équilibres techniques (un bon ratio sinistre/prime). Une arme supplémentaire pour les tenants de cette cause bien entendue, et une épine contre les indifférents de la cause, avec à leur tête Donald Trump, président des Etats-Unis.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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