Elle ne vous aura pas échappé, cette rengaine sur la fin de tout : de vous, de moi, de notre société tout entière. Demain vendredi, ce serait la fin. Comment ? Apocalypse Too More How ? Apocalypse Tomorrow.

Malgré le caractère francophone et francophile de notre rédaction, le plaisir est grand pour moi de démarrer ce dernier billet (de l’année, j’entends !) avec des calembours empruntés à la langue de Shakespeare. Si Vaugelas se retourne dans sa tombe pour ces imperfections qui rendent pourtant hommage à nos voisins, je m’empresserai de le rencontrer dès demain, fin de tout le monde oblige et communion avec ceux qui nous ont précédés, pour lui expliquer ma volonté d’avoir sacrifié notre belle langue sur quelques lignes, au profit d’un humour que j’ai la prétention de taxer de British. Sans doute, m’absoudra-t-il, la fin du monde poussant beaucoup parmi nous à verser dans les excès. Pour adoucir mon éventuelle peine, je continuerai mon développement sous des couleurs raciniennes. Ce qui, en passant, m’arrange, vu mon niveau d’anglais franchement déclinant ayant appris que le 21 décembre 2012, ce sera fini pour les affaires. Alors à quoi bon ? Je vais me concentrer sur ma subtile langue. Elle au moins, nous permettra de nous séparer en de bons termes.

Car si l’on en croit le calendrier Maya, il n’y aura pas de 22 décembre 2012. Demain, nous dirons adieu à tout. A notre mini iPad, sauf si Steve Jobs en a emporté un dans son esprit lumineux. Et encore faudrait-il qu’il soit toujours spécialiste es technologies. Quant à la tablette de Microsoft, elle n’aura pas eu le temps de faire… Surface. La guerre promise à la firme à la Pomme ne devrait donc pas avoir lieu, Apocalypse oblige.

Sur le terrain de l’assurance, les affaires continuent pourtant. Certains commencent à dévoiler les taux de rendement de leurs contrats d’assurance vie. Certes, ils ne sont alléchants comme par le passé. Cela pousserait-il l’épargnant à retirer son magot pour le placer sur le Livret A ? L’interrogation est loin d’être intéressante puisque demain, nous serons tous engloutis. Je n’inciterais personne à récupérer ses réserves financières pour se livrer à une dernière libation avant l’avènement du grand trou noir, véritable Big bang à l’envers pour beaucoup, à l’endroit pour une poignée.

Car semble-t-il, quelques rescapés pourraient reprendre de l’activité dès le 22 décembre. D’où les réserves empilées dans certains bunkers, technologie qui n’aura pas permis à Saddam et Mouammar de singer la puissance de feu des maîtres justiciers. En France, Bugarach, minuscule village longtemps ignoré de tous est subitement devenu une arche de Noë à quelques jours de Noël, dans la perspective du cataclysme annoncé. Aux dernières nouvelles, l’édile de cette bourgade ne sait plus où donner de la tête. A la différence de Calypso accueillant le naufragé Ulysse, cette Ogygie 2.0 embrasse, malgré elle, ceux qui redoutent l’apocalypse. Les assureurs seraient bien inspirés de prendre pied sur ce réduit qui pourrait devenir un eldorado pour eux, si tenté qu’un 22 décembre 2012 existe.

L’espoir que constitue cette ville me conforte dans mon tempérament premier, celui d’un optimiste. Certes, je ne ferai pas le voyage de Bugarach, ayant des obligations vis-à-vis de vous, ami lecteur. Et même si je l’avais voulu, je n’aurais plus de place sur ce réduit où les premiers arrivés se sont servis. Alors je me propose de rester sur place. Et vivre l’instant présent. Carpe Diem, me souffle mon petit doigt. Tant mieux. Par les temps qui courent, je préfère être horatien que racinien. Et encore moins shakespearien. A l’an prochain donc car Apocalypse No!

Emmanuel Mayega
Rédacteur en chef

La rédaction
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