Elles arrivent, toutes, les nouvelles sur l’ANI, avec pour point commun comme constat. Sa pénétration aurait fait pschitt, comme dirait l’ancien président de la République, Jacques Chirac. Les chiffres des premières enquêtes parlent d’un attentisme inquiétant. Alors tout ça pour ça ?

A feu et à sang. Ou presque. Pendant un an et voire plus, les acteurs de l’assurance se sont effrités sur l’adoption de ce cette réglementation. Des clauses de désignation à celles de recommandation, il aura fallu passer par la case Conseil constitutionnel, le courtage en maître des réclamations. A l’arrivée, un marché de l’assurance en parfaite guerre de positions. Pourtant, il a fallu se retrousser les manches. Et travailler ensemble. Les ennemis d’hier n’ont-ils pas su faire cause commune pour convaincre les entreprises à adopter cette nouvelle norme au plus vite ? La question se pose avec sérieux, tant l’engouement pour cette nouveauté laisse à désirer.

Les premiers chiffres qui nous parviennent ne sont pas à la hauteur des enjeux et des attentes. Le sondage réalisé par M comme Mutuelle montre que moins de 50 % des entreprises concernées auraient souscrit un contrat ANI. Pire, cette nouvelle loi créerait des inégalités, du fait des offres de surcomplémentaires nécessaires à souscrire par le client en vue de faire face à la pauvreté de produits souscrite par les chefs d’entreprises (panier de base). Il est clair que les plus nantis auront potentiellement les moyens de s’offrir des couvertures plus riches. Voilà comment une bonne idée se transforme en faveur d’une aggravation des inégalités. Merci qui ? suivez mon regard.

Si cette idée est vrai, alors nous devrons nous interroger sur l’apport de l’ANI à notre protection sociale. Après tant de remous, revenir au point de départ qui consistait à proposer un accès à la santé pour tous, serait une belle régression. Avec, en prime une perte d’énergie et la déchirure d’une profession qui ne demandait qu’à poursuivre les lourds travaux réglementaires auxquels elle est confrontée. Pour éviter un tel travers à nouveaux, il est nécessaire de prendre en compte les échecs constatés dans le cadre de l’ANI, l’objectif étant de ne pas répéter les mêmes erreurs. C’est, en tout cas, la proposition formulée par M Comme Mutuelle.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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