Dans cette version 2018 de l’Allianz Euro Monitor, douze pays ont pu améliorer leur note l’an dernier par rapport à 2017, cinq d’entre eux ayant perdu du terrain, tandis que pour deux autres, l’évaluation globale est restée inchangée. Dans la plupart des pays, les ratios d’endettement des entreprises se sont améliorés et la tendance positive du marché du travail s’est inversée. Des reculs ont toutefois été observés en raison de la faible croissance des exportations par rapport à la dynamique du commerce mondial et d’une évolution moins favorable des coûts unitaires du travail à court et à long terme.

   Quid de l’amélioration de l’indicateur de niveau. Il est passé de 6,3 à 6,6 en 2018 pour atteindre son plus haut niveau depuis 2007. La tendance de court terme s’affaiblit : L’indicateur de progrès à court terme s’est légèrement inversé en 2018. Mais il reste en territoire favorable à 7,1, contre 7,2 en 2017 pour l’ensemble de la zone euro. À titre de comparaison : en 2009, année de crise, le sous-indicateur était toujours encore bloqué en territoire critique, à peine à 2,8.

    Comme l’on s’y attendait, l’Allemagne demeure en tête de la zone euro en matière de stabilité économique, avec une note générale de 8,0 en 2018. Les résultats toujours globalement bons en 2018 sont à mettre au crédit de la robuste performance du pays dans les domaines de la viabilité budgétaire et de la dette privée et étrangère. L’Allemagne est le seul pays de la zone euro à entrer dans la catégorie « bon » de l’Euro Monitor qui exige une note globale de 8 ou plus. Cependant, son score a chuté de 0,1 point par rapport à 2017 et, plus alarmant encore, le net retournement de l’indicateur de progrès depuis 2015 témoigne du laisser-aller de l’Allemagne à l’égard des réformes. En 2018, la Slovénie et les Pays-Bas se partagent la deuxième place avec une note de 7,9. Les positions des trois premiers pays restent inchangées par rapport à l’année dernière malgré une légère détérioration de la note globale pour l’Allemagne et la Slovénie.

  Du côté les perdants : La France et l’Italie occupent la dernière place du classement général cette année avec une note de 5,5. Ce mauvais classement s’explique par le fait que la France et l’Italie n’ont pratiquement pas progressé dans la réduction des déséquilibres économiques depuis 2015, alors que des pays comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal ont signé de nettes avancées. Avec l’Espagne, cela place trois poids lourds de la zone euro au bas de notre tableau comparatif.

    Les étoiles filantes : Le pays qui a le plus grimpé dans le classement est la Grèce, qui gagne quatre places. Dans le même temps, Chypre, pour sa part, a réalisé le bond le plus important en termes de note générale, celle-ci passant de 0,6 à 6,5. En conséquence, l’ancien pays en crise a grimpé de deux rangs dans notre classement général pour atteindre la 15e place, après avoir été dernier en 2014. En ce qui concerne l’indicateur de niveau, l’Allemagne est en tête avec une note de 9,1. La Slovénie (9,0) et Malte (8,8), en revanche, sont en tête du tableau des indicateurs de progrès.

    Faiblesses : Pour la toute première fois, aucun indicateur individuel ne s’inscrit dans la zone critique avec une note inférieure ou égale à 4 pour l’ensemble de la zone euro. Les indicateurs individuels qui obtiennent les scores les plus faibles sont la dette publique, le taux de chômage, la croissance de la productivité, la performance des exportations par rapport à la dynamique du commerce mondial et la dette des entreprises en pourcentage du PIB.

    Force : Une fois de plus, les meilleurs résultats ont été obtenus pour l’indicateur du compte courant (note moyenne de la zone euro : 10). La charge d’intérêts en % du PIB, le déficit budgétaire et les exportations par rapport au PIB ont également été positifs dans l’ensemble, avec une note moyenne de 9 pour la zone euro.

 « Avec un score global de 5,5, la France occupe pour la troisième année consécutive la dernière place de l’Euro Monitor. Un indicateur de progrès toujours faible par rapport aux autres pays de la zone euro – depuis 2014, la France se classe parmi les trois derniers du classement de l’indicateur de progrès – indique que le pays n’a pas réussi à rattraper ses pairs, malgré une année 2017 prometteuse », a déclaré Ludovic Subran.

L’Hexagone obtient la note la plus faible de 1/10 à deux indicateurs : sa part dans les exportations mondiales, et le niveau de la dette de ses entreprises.

Par rapport à 2017, les performances de la France dans la catégorie « Emploi et productivité » sont celles qui se sont le plus dégradées. Avec un score global de 5,4, la France est désormais la moins bien notée dans ce domaine après la Grèce et l’Italie.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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