Nul n’est indispensable. Au hasard de circonstances, même les plus heureuses, le prétendu pilier d’une entreprise voire d’une situation peut se retrouver le dernier des insignifiants. Puis oublié comme le premier salarié de l’entreprise du fait d’un accident de la vie (maladie ou tout autre).  C’est la règle de fonctionnement de notre société productiviste actuelle marquée au fer rouge par l’idéologie de la productivité qui du reste constitue sa raison de vivre. Règle du jeu et on ne saurait s’y soustraire. En revanche, les sociétés les plus avancées se démaquent du Landernau par leur volonté de mettre en place une stratégie sociale pour protéger ce qu’on a appelé « la politique sociale de l’entreprise ». En fait, c’est sa réponse humaniste face aux risques de la vie qui peuvent à tout moment frapper celui avec qui ils partagent l’objectif commun : faire grandir l’entreprise, leur bien commun.

Beaucoup d’assureurs se sont spécialisés dans des programmes de bien-être au travail pour éviter des coups durs, ou le cas échéant, donner à leurs camarades trébuchant, l’occasion de répartir du bon pied. Il se murmure même que la maturité d’une entreprise se mesurerait dans sa capacité à investir dans une telle politique. Ce qui peut être compréhensible quand on sait qu’il existe une étroite corrélation entre bien-être et développement. En clair, derrière une entreprise solide et riche se confinerait une politique humaniste protectrice des collaborateurs. Un programme que devrait soutenir les candidats à la présidence. Mais, vous ne serez pas surpris, aucun des onze et même des deux derniers n’en e fait son cheval de bataille. C’est dire à quel point les électeurs sont importants aux yeux des élus. J’en veux pour preuve le projet de dépendance relégué au rang de secondaire depuis  le précédent gouvernement et sans réel changement.

Chaque année Malakoff Médéric réalise une étude en sur le bien-être. Elle s’intitule « Santé et bien-être des salariés, performance des entreprises » et soutient implicitement la corrélation entre les deux rationalités longtemps diamétralement opposées.

L’édition 2016 de cette enquête, 8e année consécutive du genre montre que les conditions de travail s’améliorent. Ainsi Le nombre de salariés qui déclarent leur travail physiquement et nerveusement fatigant est en baisse par rapport à 2009 : 45 % des salariés trouvent leur travail physiquement fatigant (contre 54 % en 2009) et 67 % le considèrent nerveusement fatigant (contre 72 % en 2009). Dans le même temps, le monde du travail vit de profonds bouleversements qui sont autant de défis pour les entreprises et ont un impact sur l’engagement des salariés : 42 % des salariés estiment que leur rythme de travail s’est accéléré, et 46 % estiment ne pas pouvoir travailler au même rythme dans 10 ans.

Ils notent, une diminution des risques liés à l’environnement de travail Depuis 2009, grâce aux efforts de prévention des risques professionnels et aux évolutions du travail, la fatigue physique perçue tend à diminuer. – 31 % des salariés déclarent effectuer des gestes répétitifs (contre 39 % en 2009) – 29 % déclarent rester longtemps debout ou dans une posture pénible (contre 34 % en 2009) – 14 % des salariés déclarent porter ou déplacer des charges lourdes (contre 20 % en 2009) – 22 % travaillent sur des machines pouvant les exposer à des blessures (contre 31 % en 2009) – 30 % des salariés disent respirer des produits toxiques ou des poussières (contre 39 % en 2009). La fatigue psychique perçue tend également à s’améliorer même si elle demeure à un niveau élevé. – 67 % des salariés déclarent devoir travailler très vite ou très intensément (« tout à fait » ou « plutôt », contre 75 % en 2009) – 43 % d’entre eux se sentent stressés (contre 46 % en 2009).

Dans ce contexte, les nouveaux défis des entreprises à savoir Transformation des organisations, révolution numérique, allongement de la durée de vie professionnelle, nouvelles formes d’emploi qui pousse l’univers professionnel à évoluer en profondeur, fragilise le salarié lui-même et son rapport au travail changent. Il affiche un besoin de sens et de reconnaissance plus fort et une volonté de préserver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle : – 55 % des salariés ont vécu au moins un événement, une restructuration ou une réorganisation dans l’année (+ 19 points vs 2009). Et si 92 % des salariés déclarent s’adapter à ces transformations, un certain nombre d’entre eux éprouvent encore des difficultés. – 4 personnes sur 10 souffrent d’un manque de reconnaissance, deuxième attente des salariés juste après les perspectives d’évolution, et troisième déterminant de la qualité de vie au travail. – 36 % des salariés ont du mal à concilier vie professionnelle et engagements personnels ou familiaux ? Tel est le défi auquel sont confrontés les organisations.

Courage car ce sera probablement la dernière avant la généralisation de l’intelligence artificielle qui mettra hors de coûts des charges dont on peut faire l’économie. Mais avec ces humanoïdes, c’est la porte ouverte à de nouveaux malaises loqiquement pas pris en charge par la sécu.

 

 

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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