Il y a eu le Facilites management ou FM, l’outsourcing et l’infogérance. Aujourd’hui, si ces services gardent leur place sur l’échiquier de la prestation  de services informatiques, une nouvelle star leur vole la vedette : le Cloud computing, littéralement Informatique dans le nuage. Il constitue un nouveau modèle d’exploitation de ressources informatiques à distance via le Net, l’objectif étant de consommer des services à la demande.

Il est comparable au concept de distribution de l’énergie électrique. Pour le fournisseur Bittle, « ce concept  fait référence à un ensemble de serveurs et d’ordinateurs répartis dans le monde et liés entre eux par un réseau, comme par exemple celui d’Internet. Ce nuage de serveurs permet une virtualisation des applications, qui ne sont par conséquent plus installées sur le poste de travail de l’utilisateur, mais accessibles par le web, via un simple navigateur Internet ».

Sur le terrain, le Cloud computing se décline en différentes configurations et usages : Le SaaS, le Paas et l’IasS. Le premier représente le volet applicatif du Cloud computing. Et consiste à utiliser les applications à la demande, moyennant un règlement à l’usage. L’utilisateur accède à des outils distants dans un environnement sécurisé, des outils installés quelque part dans un nuage sécurisé. Quant au PaaS, il consiste en une plate-forme logicielle accessible à la demande (services applicatifs, outils d’exécution, système, etc.). Enfin, l’IasS regroupe l’infrastructure du Cloud computing (système d’exploitation, baies de stockage, plates-formes virtuelles. On le voit, le Cloud computing embrasse tous les composants d’un système d’information, de bout en bout.

Les atouts de ces usages justifient l’engouement ou la fièvre marketing autour du Cloud computing. Par ces temps de rationalisation des moyens, les décideurs sont tous à la recherche de solutions miracles pour optimiser leurs budgets, garantir l’accès à une puissance flexible et évolutive. Pour les séduire, s’organise désormais une horde de fournisseurs de solutions en mode Cloud. En fait, tous les acteurs du marché de l’informatique ou presque, proposent des solutions en version Cloud. A l’instar des autres secteurs, l’assurance observe cette alternative avec intérêt. A l’heure où la bourse ne constitue plus une source fiable de revenus, tout ce qui contribue à optimiser les coûts et donc à améliorer les résultats techniques est le bien venu. Après avoir posé ce que plus d’un observateur considère comme la base du Cloud computing, à savoir la virtualisation des infrastructures, une poignée d’assureurs se jette, presqu’en apnée, dans ce nouveau monde.

Le groupe AXA a par exemple amorcé la marche vers l’informatique dans le nuage. Premier site à y basculer, le Japon, avec la solution SalesForces, comme nouvel outil commercial. Progressivement, ce composant est appelé à être généralisé au sein du groupe. D’ores et déjà, il est disponible au sein d’AXA Assistance (cf Reportage).Chez Allianz également il fait son chemin. Mondial Assistance, filiale du groupe l’a déployé pour moderniser son processus de gestion des achats. Generali est également entré dans le bal. Tous ces témoignages ont pour point commun, une adoption progressive centrée sur les outils de front-office sachant que les environnements de production restent un bastion non négociable. Sauf peut-être dans une logique de Cloud privé (cf. Encadré), par opposition à sa version publique. Le premier consiste en un réseau informatique propriétaire ou un centre de données offrant des prestations hébergées pour un nombre limité d’utilisateurs. Quant au second, il est proposé par des prestataires et utilisables par un large public : Google AppEngine et Windows Azure Services Platform en sont quelques illustrations. Enfin, le Cloud hybride est une conjugaison de ces deux modèles.

Au-delà de cette distinction, la pénétration du Cloud semble portée par le Saas, qui selon Markess International, arrive loin devant l’IAAS et le PAAS (cf tableau). Les assureurs semblent pour l’heure respecter confirmer cette tendance dans leurs choix.

Emmanuel Mayega ©CAPA Conseil

Le Cloud privé intéresse un peu plus

Selon une étude de Forrester réalisée en janvier dernier, les entreprises privilégient le Cloud privé, pour des raisons multiples. La sécurité et la confidentialité apparaissent comme les principaux arguments mis en avant. Pourtant, la mise en place d’une telle solution nécessite un investissement plus que conséquent que sa version publique, du fait du déploiement d’une architecture sur mesure et de la prise en compte de l’existant. D’autre part, tous les outils ne s’adaptent pas nécessairement à ce modèle. Néanmoins, selon le cabinet, la volonté de passer au Cloud privé a glissé de 19 à 24 % entre 2009 et 2010. En France, les DSI considèrent ce modèle comme une nécessité à 27 % contre 24 % à l’échelle mondiale
E. M

La rédaction
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