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L’actualité de la semaine aura été indubitablement marquée dans l’assurance par la publication de son enquête sur la brusque accélération de la pénétration des objets connectés dans le monde de l’assurance. Où l’on constate, une fois de plus, que cette thématique constitue réellement l’une des tendances font de cette année dans le secteur.

Comme chaque début d’année, certains acteurs n’hésitent pas à se lancer dans des pronostics sur les sujets         appelés à tenir le haut du pavé tout au long de la nouvelle année. 2016 sera l’année de l’objet connecté ou ne sera pas. Ainsi ont déclaré, en substance, les spécialistes du pronostic. A la différence de ces acteurs, Accenture a enquêté. Et confirmé cette tendance. Mieux, elle a dévoilé des chiffres qui donnent un aperçu synoptique de la pénétration des IOT dans la profession. Des chiffres, il y en a ici et là mais ceux fondés sur une véritable enquête de fond manquait à l’analyse. D’entrée de jeu, on a appris qu’il aura fallu seulement 36 mois pour assister à un réveil des porteurs de risques dans ce domaine d’avenir. Au point que 40 % des personnes interrogées déclarent avoir lancé une offre ou un pilote mettant à contribution des objets connectés : la maison et le bâtiment pour 39 % des assureurs sondés, le bien-être et la santé pour 39 % et d’autres technologies connectées « à porter sur soi » (37 %). On notera que la voiture connectée brille par son absence. Serait-ce une manière implicite d’affirmer que le véhicule de demain n’est plus au programme des porteurs de risques qui auraient acté leur sortie de route pour ce programme qui devrait largement influencer leurs modèles opérationnels dans les segments du dommage et de l’assistance ? En clair, comme l’affirment à cor et à cri beaucoup d’observateurs, la bataille de la voiture connectée serait-elle perdue pour le marché de l’assurance ? Si c’est le cas, admettons avec ces observateurs qu’il s’agit d’un point important de perdu. Dans ce cas, il ne resterait plus qu’à se tourner vers d’autres marchés. Celui du bâtiment, par exemple. Ce qui expliquerait alors l’engouement des porteurs de risques. Selon Accenture, « 45 % des assureurs français ont davantage investi en 2015 dans le développement de nouvelles offres liées aux objets connectés dans le domaine de la maison et du bâtiment … » On a tout lieu de croire Accenture car sur le terrain, des initiatives su multiplient beaucoup sur ce terrain à construire pour épanouir les habitants de maisons d’un nouveau genre sources de bien-être du fait de la contribution des objets connectés utilisés à 41 %, à cette fin.

En fait, l’enquête d’Accenture a le mérite de poser des métriques qui manquent crucialement dans un dom         aine plus qu’en gestation. Elle constitue le phare d’un bateau plein d’objets connectés à essaimer dans un secteur de l’assurance à la recherche de nouveaux modèles et de produits pour rebondir face à leur gâteau que convoitent implicitement les GAFA et autres nouveaux entrants pour qui se lancer dans l’assurance est désormais chose aisée. Ce qui est clairement farfelu. D’abord de quel segment s’agirait-il ? Celui de masse ou celui des entreprises ? Dans les deux cas, la technicité des porteurs de risques reste incontournable.

Au-delà de cette remarque, force est de constater que cette plongée dans les objets connectés ouvre la porte à de nouveaux modèles économiques où assureurs, à la tête de consortiums inédits, collaborent avec des partenaires différents pour jouer la carte de l’assurance connectée de bout en bout. Une solution pour rester dans la boucle.

Emmanuel Mayega
A propos de l'auteur

Rédacteur en chef du magazine Assurance & Banque 2.0, Emmanuel a une connaissance accrue de l’intégration des technologies dans l’assurance, la banque et la santé. Ancien rédacteur en chef adjoint d’Assurance & Informatique Magazine, il est un observateur affûté du secteur. Critique, il se définit comme esprit indépendant et provocateur, s’il le faut.

Site web : http://www.assurbanque20.fr

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